In Memoriam : Richard E. Morlan (1941-2007)

Le créateur de cette base de données novatrice très fréquemment consultée, Richard E. « Dick » Morlan, est décédé le 2 janvier 2007, à peine quelques semaines après sa retraite du Musée canadien des civilisations, où il avait travaillé pendant 37 ans. Bien que souffrant d’une maladie neurophysiologique débilitante durant les deux dernières années de sa vie, il a continué tant qu’il a pu à accroître et améliorer la base de données. Ces résultats figurent dans la récente mise à jour de Matthew Betts.

Dick est né à Woodstock (Virginie) et a obtenu son BA à la George Washington University, où il a étudié l’archéologie sous la direction de Jack Campbell. Ce dernier l’a emmené en Alaska pour sa première campagne sur le terrain, au cours de laquelle est née la passion de Dick pour l’analyse faunique, qui allait durer toute sa vie. Il a continué à étudier l’archéologie à l’Université du Wisconsin à Madison, où il a obtenu un MA et un PhD. Il y a aussi fait la connaissance d’archéologues du Musée national du Canada (le prédécesseur du Musée canadien des civilisations). En 1969, il a été embauché par le Musée national comme archéologue du Yukon. Au cours des 12 années suivantes, il a fait des contributions essentielles à l’étude de la fin de la période préhistorique et du début de la période historique dans le Yukon, avec des enquêtes dans divers sites, dont ceux de Klo-kut et de Cadzow Lake. Mais ressortent peut-être surtout pour cette période l’organisation et la direction du Projet du refuge du Yukon, une recherche multidisciplinaire pour le premier peuplement de l’Amérique du Nord. Cette étude, qui a duré six ans, a fait appel à la géologie, la stratigraphie, la palynologie, la paléontologie, l’archéologie, la taphonomie et diverses formes de chronologie. Il n’a pas trouvé « l’aiguille archéologique » (un site archéologique primaire du Pléistocène) dans la « botte de foin stratigraphique », mais son travail est à l’origine d’une analyse beaucoup plus minutieuse des os animaux à la recherche d’éventuels signes d’altération par l’homme et a introduit la taphonomie dans l’archéologie canadienne.

Dick a survécu à l’écrasement d’un avion en 1981 dans le Yukon, ce qui a atténué son enthousiasme pour les travaux sur le terrain dans le Nord. Cette année-là, il a été muté au poste vacant d’archéologue des Plaines et s’est intéressé à divers projets en collaboration, d’abord dans le sud de l’Alberta avec Jack Brink, au site Head-Smashed-In, puis avec Ernest Walker au Wanuskewin Heritage Park, et Ian Dyck au site Sjovold. Pour tous ces projets, ses contributions concernaient surtout l’analyse faunique, mais également la taphonomie, la stratigraphie et la chronologie.

Quand il était archéologue des Plaines, Dick s’est vu confier deux autres rôles – rédacteur technique pour la Collection Mercure (archéologie) du Musée et gestionnaire du programme de datation au radiocarbone du Musée. Le premier lui a permis de connaître une grande partie des textes sur l’archéologie canadienne et le second l’a amené à prendre conscience qu’une compilation de dates au radiocarbone canadiennes standardisées et contextualisées, de toutes sources, serait une formidable aubaine pour les chercheurs. Il a commencé sa compilation de façon modeste, en mettant simplement à jour la liste de ses propres dates au Musée. Puis il a commencé à compiler et évaluer certaines dates au radiocarbone. Quand il est devenu en 1989 conservateur des études paléoenvironnementales, poste qu’il a occupé jusqu’à sa retraite, il a eu la liberté d’élargir ses intérêts tant au pays qu’à l’étranger. Dick a profité de cette occasion pour se lancer dans une recherche extraordinairement détaillée d’un vaste ensemble de textes. En outre, il a entretenu une correspondance abondante avec des archéologues, des géologues et des paléontologues à travers la moitié nord du continent, relativement à des dates au radiocarbone et des compilations de dates inédites ou publiées de façon incomplète. Le résultat final est la Banque des datations par le radiocarbone en archéologie canadienne.

Dick nous manquera beaucoup. Il a été un spécialiste remarquablement fécond, un scientifique de première catégorie, une inspiration pour ses collègues, un mentor pour les étudiants, un créateur de discipline et un ami. Il serait rassuré de savoir que son énorme base de données au radiocarbone continue d’être utile et que Matthew Betts a accepté de l’entretenir et de la développer au cours des années qui viennent.

Ian Dyck, PhD
Conservateur de l’Archéologie des Plaines
Canadian canadien des civilisations







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