


Les datations par le radiocarbone ne peuvent être obtenues que de matières organiques dont sont démunis plusieurs sites archéologiques. Même si la conservation organique y est excellente, les matières organiques elles-mêmes ne revêtent pas toujours un grand intérêt pour les archéologues. Cependant, leur proximité avec des structures culturelles, notamment les vestiges d'une maison ou d'un foyer, peut accorder aux substances organiques, notamment le charbon de bois et les os, un caractère privilégié pour la datation par le radiocarbone. Un problème crucial réside dans le fait que la date obtenue ne mesure que le temps écoulé depuis la mort d'une plante ou d'un animal, de telle sorte qu'il revient à l'archéologue d'enregistrer le témoignage qui prouve que la mort de l'organisme est directement reliée à ou associée aux activités humaines représentées par les objets ou structures culturels.
Plusieurs sites dans l'Arctique canadien comprennent des charbons de bois provenant de bois de dérive ramassé par les anciens peuples et utilisé comme combustible. Une datation par le radiocarbone sur du bois de dérive peut être plusieurs siècles plus anciennes qu'escompté, parce que l'arbre peut être mort depuis plusieurs centaines d'années avant avoir été utilisé pour allumer un feu. Dans les régions forestières, il arrive souvent de trouver des racines d'arbres calcinées qui envahissent le matériel archéologique aux niveaux les plus profonds du site. Le charbon de bois provenant de telles racines peut être le résultat d'un feu de forêt qui a eu lieu des centaines d'années après le dépôt des objets archéologiques de telle sorte qu'une datation par le radiocarbone de tels charbons de bois va donner un âge plus récent qu'escompté.